Je n'écrirai pas d'article spécifique sur mon passage éclair dans les villes qui se sont succédées depuis la Cappadoce pour rejoindre la Géorgie. Je vous invite à voir les photos dans la rubrique media.

En revanche, aujourd'hui, je veux vous raconter quelques anecdotes que j'ai vécu et vous faire partager certaines appréciations que j'ai sur la Turquie.

Les Turcs sont d'une hospitalité étonnante et d'une générosité rare. Alors certes peut être pas tous mais ce fut le cas de tous ceux que j'ai rencontré. Les Turcs qui m'ont pris en stop ou qui m'ont hébergé ont témoigné à mon égart d'une très grande gentillesse et étaient toujours prêts à m'aider.
Je ne reparle pas de l'hospitalité sans faille d'Ömür, ni de celle de Türker.

L'autostop fonctionne extrèmement bien en Turquie, 34 conducteurs pour 2300km à une moyenne de 51km/h (temps d'attente inclus), c'est vous dire si je n'ai pas attendu souvent ni longtemps.
Et lorsqu'un Turc m'embarquait pour un long trajet, il m'offrait un thé, une canette de coca ou de red bull quand ce n'était pas carrément le repas du midi.

Une fois, pour me rendre à Sivas, une famille (un couple et le père de la femme), m'a offert à manger (4 plats). On s'attable, ils commandent, et puis me disent qu'ils doivent s'en aller mais que tout est déjà réglé, un petit coup de pouce au voyageur qu'ils ont eu l'honneur de rencontrer. Ben voyons, l'honneur est pour moi d'avoir partagé un moment avec des gens si généreux.

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A Sivas, alors que le rendez-vous avec Elias et Philippe a foiré, mon très précieux (mais désormais disparu) bâton de voyageur m'a permis de rencontrer un groupe d'étudiants très sympathiques. Je ne pourrai jamais oublier Veyser et Ismail qui m'accueillirent comme un roi et m'hébergèrent chez Ibrahim. Merci Ismail pour le collier.

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Lorsque j'étais pris en stop, selon si il y avait un autre passager ou pas, je lisais mon document magique. A minima, cela plaisait beaucoup et au mieux j'arrivais à les faire rire.
Souvent, cela permettait aussi de combler un peu la conversation lorsque le conducteur ne parlait pas anglais, notamment lorsque j'étais pris par un camion.
Les camionneurs s'arrètent facilement pour nous prendre et nous faire avancer sur de nombreux kms.
Une fois, l'un deux nous offrit un barbecue improvisé : poulet et raki (sorte de pastis ou d'ouzo en plus léger).

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Pour en finir avec l'autostop, je n'ai été pris qu'une fois par des femmes, avec Elias. Elles étaient voilées. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le lendemain que c'étaient des profs de l'école de Göreme avec qui j'allais travailler ensuite.

Une autre chose que j'ai aimé en Turquie, la nourriture. On s'est littéralement gavé de Baklava et assimilés (qui a dit qu'en voyage on perdait du poids?). On a mangé pratiquement que dans des "fast food" pas du tout fast qui prépare des dûrûm, des Larmacun (devenu notre référence tarifaire, 1 Turkish Lira à Konya), du köfte, des Kokereçe...

Enfin, j'ai attendu un peu, histoire que ça vaille le coup, mais je voulais absolument tester le coiffeur/barbier. Mon cuir chevelu n'a jamais autant dégusté chez le coiffeur. Le coiffeur avait apparement d'autres soucis que celui de ne pas ma faire mal. En revanche, je ne me suis jamais rasé d'aussi près et certainement jamais avec une telle dextérité (je déteste me raser et vais toujours au plus rapide).

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Il faut que je remercie aussi Ali et Maaeki pour leur hospitalité à Ordu. Leur situation est difficile à cause de quelques problèmes administratifs intolérables. Bien que mariés et que Maaeki ait la double nationalité hollandaise et iranienne, Ali lui ne peut pas obtenir la nationalité hollandaise sans se rendre sur place. Or Il n'obtiendra jamais le visa pour entrer en Europe... Du coup, l'économie iranienne ne leur permettant pas de s'épanouir, ils se sont réfugiés en Turquie.

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Quelques point négatifs quand même :
- Les conducteurs ont la priorité sur les autres et le font sentir tout le temps, c'est très dangereux.
- Quand tu es en vélo, on dirait qu'ils attendent que tu sois à leur hauteur pour ouvrir leur portière....
- Ils ne conduisent en rêgle générale pas très bien... des une voie peuvent se transformer en deux voies, trois voies sans que cela ne leur pose le moindre problème.
- Les Turcs ne se préoccupent pas du tout de leur environnement et sans parler du recyclage, ils jettent leurs déchets n'importe où. Il n'y a pas toujours de poubelles à proprement parler.
- La Turquie a un patrimoine historique exceptionnel mais les Turcs n'en prennent pas toujours soin.
- Et enfin, certains conflits plus ou moins récents sont à l'origine de stigmates importants dans les mémoires. Il est évident qu'ils n'ont pas encore réussi à les gérer et des tensions latentes s'en ressentent un peu tout le temps.