DSCN1968De retour à Almaty, je retourne chez Gulnara. On est si bien chez les amis!

Je rencontre Julie, la fiancée de Philippe lors d'un repas en ville. Vous savez, Philippe, c'est l'un des deux Français avec qui je voyageais et à qui j'avais dit au revoir avant le Kirghizstan. Et bien il n'était pas encore parti pour la Chine. Et il ne le savait pas encore à ce stade de l'aventure, mais il n'était pas prêt de partir :-).
Julie était venu le voir pour son anniversaire entre deux vols, France-Malaisie.
Une fois repartie, je propose à Philippe de venir visiter Charyn Canyon avec moi, le deuxième canyon le plus grand du monde après celui des USA. Au départ, Gulnara et même sa fille devait venir. Heureusement que nous ne sommes finalement partis que tous les deux.Read More

 

Nous sommes partis un peu tard, la veille avait lieu une demi-finale de foot de l'euro (je vous rappelle qu'ici on a 4h de décalage, le match démarrait donc à 01h). Nous sommes partis depuis la mauvaise station de bus. Le bus nous a donc déposé "à proximité" du canyon... et à 20h!
DSCN1979On a marché jusqu'au couché du soleil puis jusqu'au couché de la lune qui nous éclairait suffisament. Le but étant d'atteindre le canyon au petit matin, de pouvoir marcher un peu dedans avant de repartir vers la route car:
- on a rendez-vous à 18h à Almaty pour fêter un anniversaire.
- on a pris de la nourriture pour deux repas et un petit dèj.
- on a pris tout juste assez d'eau (plutôt bon calcul).
- et on est surtout au milieu de nulle part, ce n'est pas du tout l'entrée normal du canyon et on n'a aucune idée d'où elle se trouve.

DSCN2021On a marché plein sud, on devra donc marcher plein nord au retour pour retrouver la route est/ouest.
On a marché jusqu'à 1h30 du mat, avec une courte pose repas. On a campé à la belle, quelque part. On s'est réveillé à 5h30 avec le soleil et on a atteind le canyon à 8h30 après un ti dèj Nutella (merci Julie).
Je crois qu'il est impressionnant, le canyon. Le peu que j'ai vu me laisse penser qu'il aurait été bien de passer 48h dans le canyon même. Il est clairement plus imposant que celui du Kirghizstan.
Après quelques grimpettes, sous une chaleur accablante, dans des pentes de sable/gravier, quelque peu abrupte, il était déjà temps pour nous de rejoindre la route, toujours sous la chaleur. Retour à Almaty en stop (payant mais moins cher que le bus, à deux).

Le soir donc, nous sommes invités à l'anniversaire de la meilleure amie de Gulnara. Un festin comme j'ai pu en voir sur les bords du lac Issy Kul, sauf que les plats, bien qu'aussi carnés, étaient plus raffinés. Tous les convives, et il y en avait, portèrent un toast à notre hôte qui rayonnaient. J'ai rarement rencontré quelqu'un autant capable d'iradier le bonheur.
Comme la fête touchait à sa fin et qu'il ne restait plus que la famille et nous, Gulnara, Philippe et moi, j'ai porté un toast pour les remercier : à l'amitié des Hommes, et au petit bébé qu'ils attendent et que je leur souhaite de nouveaux d'avoir bientôt.

DSCN2036Le lendemain, après avoir récupéré de la veille, c'est au tour de Philippe de me proposer un bon plan. Il a une amie, Aliya, qui nous invite le soir même à aller dans la ferme familiale près de Taldykourgan. On part à 20h40 en bus, on arrive à 4h30 du mat. Les parents sont debouts pour nous accueillir avec un thé et les condiments qui vont bien (viande, pain, beurre, confiture et sucreries). Ils sont charmants, accueillant et comme les kirghiz, tiennent à nous garder en bonne forme :-)
Le père d'Aliya est le responsable régional de la culture et aussi un propriétaire de champs de betteraves à sucre.
La première journée sera donc consacrée à la visite du champ. Les employés font du desherbage pendant que lui mesure son champ avec un triangle en bois dont la base fait 2m. Avec Philippe, on marche dans les environs. DSCN2053Le deuxième jour, ils dépèchent quelqu'un (un vétérinaire du district) pour nous accompagner, alors que nous demandions simplement comment rejoindre le bas des collines.
Il était convenu, avec la mère d'Aliya, que nous ne marcherions que trois petites heures seulement.
Au bout de la quatrième heure, alors que nous n'avions pas encore entamé le demi tour, je réalise que peut être, ce n'est pas nous qui suivons notre guide mais notre guide qui souhaite précèder nos envie et donc nos pas. Je suggère de faire demi tour et notre guide semble soulagé. J'avais vu juste.
De retour à la maison sept heures après notre départ, la mère d'Aliya était dans tous ses états. Elle a veillé à ce que nous nous réhydrations et nous nous remplumions bien :-)
On a eu l'honneur de manger la tête de cheval, un mets de choix! Oreilles, joues, cervelle, et pour moi les deux yeux. Si deux personnes mangent chacun un oeil alors ils deviennent ennemis, c'est pourquoi une seule personne doit manger les deux.

DSCN2063Je pars le lendemain matin avec Alya pour Taldykourgan car elle repart à Almaty pour chercher son diplôme, et il est l'heure pour moi d'affronter l'epreuve du visa russe. Philippe restera quelques jours de plus à la ferme car, après la mauvaise nuit dans le bus, la descente rapide de la colline, le pauvre, je le laisse avec une sciatique.
On part tôt. Enfin... on devait partir à 7h. Mais Alya se lève à 7h20, et le bus qui m'emmène avec elle, son père et des collègues à lui, démarre à 9h30. Pourquoi me suis-je levé à 6h déjà? Ici, ils ont le même rapport au temps qu'au Kirghizstan, on sent qu'on n'est pas à Almaty.
A Taldykourgan, les choses se compliquent un peu, pas de train Almaty-Astana avant longtemps et l'ambassade Mongole est fermée à Almaty. Je n'ai donc vraiment aucun intérêt à repasser par Almaty. Je passe donc une nuit à Taldykourgan afin de pouvoir prendre un bus le lendemain matin, à 7h50, direction Astana. Temps estimé, 30h. Je passerais la nuit dans une petite piaule au dessus de la gare d'autobus. "C'est... soviet!" conclut Aliya (Je n'aurais pas pu trouver mieux :-). Une seule fenêtre donne vers la pièce principale de la gare (à l'intérieur), les murs sont en béton brut et un seul lit (plutôt inconfortable) habille la pièce.

DSCN2069La première journée de bus (anciennement français comme vous pouvez le voir sur la photo) est plutôt marrante. A la fin de la journée, tout le monde me connaît et sait tout de moi. Mon voyage, mon bâton, les photos de France, j'ai tout montré, tout expliqué grace à un curieux mélange de français/anglais/russe/kazakh/allemand et bien sûr du language des mains...
DSCN2073Au milieu de la nuit, on arrive à une grande ville. Presque tout le monde descend. Seul reste Viktor (un jeune de 23 ans qui est "manager" à Astana) et moi. Nous sommes les seuls fous (dixit les kazakh) à aller de Taldykourgan à Astana en bus. On pourrait croire que le même manège allait avoir lieu le deuxième jour. Nullement! Viktor sait tout et répond à toutes les questions directement. C'est certainement plus rapide et très gentil à lui, mais beaucoup moins marrant. Viktor s'est proposé pour m'héberger mais j'ai déjà une hôte qui m'attend via CS. Assel est même inquiète car nous arriverons avec plus de 6h de retard.

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Prochain épisode, Astana et les visas. Je ne préfère encore rien dire dessus car j'attends le verdict le 20 juillet.