Tout continue à aller très vite. Et ça ne ralentira pas avant la Mongolie, je crois.
Après la traversée de la mer Caspienne en ferry et une nuit à l'abri dans le poste frontière, nous avons pris le train de Aktau à Almaty (71h de train) pour pouvoir visiter le Kirghizstan et l'Ouzbekistan dans le temps imparti par les visas.
Les visas... la vraie partie de plaisir des voyageurs...
J'ai un visa double entrée kazakh qui se termine le 25 juillet et un visa Kirghiz d'un mois. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de faire celui pour l'Ouzbehkistan à Baku.

DSCN1435Dans le bateau et puis dans les trains, j'ai fait d'incroyables rencontres. Dans le bateau, un Allemand qui commence son voyage à vélo, un Israélien qui voyage à moto et un Français qui voyage autour du monde depuis 18 ans. Des enfants kazakh qui m'ont aidé à remplir mon dico en attendant le train.
DSCN1455L'ambiance dans le premier train était plutôt familiale quand celle du second était plus amicale. Kayrat, nous a d'ailleurs invité chez lui, une petite maison de campagne à 30km d'Almaty. Pas de cuisine, pas de salle de bain, en fait pas de salle vraiment définie sauf une que l'on pourrait appeler "salle de vie". Mais il y a l'eau courante au fond du jardin, des toilettes sèches à côté, et on trouve aussi dans ce jardin un sauna!
Amateur? Faites vous plaisir! Un petit feu de bois, de l'eau et c'est parti. J'en ai profité pendant les quatres jours ou je suis resté là-bas.

DSCN1580On a emmené Kayrat à un couchsurfing meeting pour lui faire rencontrer la communauté d'Almaty. Sur place, j'ai rencontré Gulnara qui m'a proposé de m'héberger en ville pendant une semaine. Pour moi, le temps d'obtenir mon visa ouzbeck et russe...
Gulnara est charmante et sa petite fille, Yasira, est adorable. Je suis leur premier couchsurfer et Gulnara était presque déçue de n'avoir pu m'aider plus, un comble puisqu'elle m'a offert son hospitalité, de précieux conseils pendant toute la semaine.

Le visa russe ne peut s'obtenir à Almaty sans s'être enregistré au moins une semaine au préalable auprès de l'ambassade, et encore, il ne délivre aux touristes que le visa de transit. Le visa de tourisme, d'après eux ne peut s'obtenir que dans son pays d'origine. Ben voyons...
Je verrais donc lors de mon retour au Kazakhstan à le faire à Astana. J'ai lu plusieurs témoignages comme quoi avec un peu de persuasion et quelques paperasses, on pouvait l'obtenir là-bas.
Enfin, le visa Ouzbek déjà cher à Baku (60€ pour un mois) et très cher ici (75€ pour 15j). Et puis, j'ai appris entre temps, qu'à l'instar du Kazakhstan, il faut s'enregistrer dans les villes où l'on séjourne. Sauf qu'à la différence du Kazakhstan, ce n'est pas qu'une seule fois. Il faut pouvoir justifier de chacune des nuits passées en Ouzbekistan. Il n'est donc pas possible de dormir en dehors des hotels ou B&B... certes pas très cher mais incompatible avec mon budget. Et puis, il faut que je me réserve beaucoup de temps pour Astana afin d'obtenir le visa russe si je ne veux pas que mon voyage s'arrète au Kazakhstan. Je me résigne à oublier Boukhara, Tashkent et la mythique ville de la route de la soie qu'est Samarcande... Tant pis! Ce sera l'occasion d'un autre voyage.

DSCN1523Si on met de côté ces stupides problèmes administratifs, totalement éculés à l'heure du 21°s et qui vont à l'encontre de l'unification des mondiens, je me plais bien à Almaty. C'est est une ville fascinante.
Elle est très dynamique, elle grouille! L'architecture soviétique souvent rafistolée (mais pas délabrée comme ailleurs) se mélange à du très moderne. La ville est plutôt verte ; si il est impensable de traverer Almaty à pied tellement elle est étendue, on trouvera toujours un petit parc ou se reposer pendant les visites en ville, un peu comme dans Londres même si les parcs ici ne sont pas aussi grands.
On y vit à l'européenne, un vrai contraste avec ce que j'ai pu voir du reste du Kazakhstan depuis le train. Almaty est bien plus proche, en terme d'ambiance, de style de vie des ses habitants, de l'Europe que peut l'être la Turquie. C'est déroutant. J'avais déjà eu un avant goût à Baku mais c'était concentré dans un unique quartier, là c'est toute la ville qui copie l'Occident.

Les bus m'ont emmené ici où là sans jamais me laisser deviner la route qu'ils empruntaient. Les bus kazakh sont bien rentabilisés. On est entassé à l'intérieur jusqu'à l'explosion et il est rare d'avoir accès aux fenètres. En montant, je montre ma destination (un croisement de rue) écrite sur un bout de papier, que je ne saurais lire puisqu'écrite en russe, au petit gars qui collecte la monnaie (0,27€). Je lui demande de me faire un signe quand je dois descendre. Et les rares fois ou je peux regarder par la fenêtre, j'ai l'impression que tout se ressemble. DSCN1527C'est comme si ce que j'avais sous les yeux je ne saurais discerner si je suis déjà passé devant la veille, si je ne l'ai jamais vu ou pire si on ne vient pas juste de passer devant un peu plus tôt de telle sorte qu'on serait en train de tourner en rond. Les mêmes immeubles, les mêmes boutiques, les mêmes étalages, les mêmes gens.
Heureusement que les quatres points cardinaux existent et qu'on peut apercevoir de partout les montagnes qui forment une chaîne au sud d'Almaty, sinon j'aurais pu me croire perdu plus d'une fois.

En parlant de montagne, après mes déboires avec les embassades, je me suis pris une journée pour randonnées jusqu'au Big Almaty Lake, presque jusqu'à la frontière kirghiz. Iil est interdit de la franchir ici en ce moment à cet endroit (pourquoi? si quelqu'un sait, je veux bien une réponse).
Randonnée difficile, très pentue mais superbe et qui débouche sur un magnifique lac. Je vous laisse admirer les photos dans la rubrique media.

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J'ai rédigé cet article depuis l'école de Yasira en attendant de pouvoir rencontrer les enfants.
Cela a été rapide, 3/4 d'heure pour discuter et faire les dessins. Bilan, je suis content d'avoir pu assister pendant une matinée aux cours des 6-7 ans mais je suis frustré par la rapide rencontre avec les 9 ans. Je n'ai pas pu aborder les sujets intéressants, peu d'échanges et finalement peu de dessins...
A l'avenir, Il faut absolument que je rencontre le prof en charge de la classe que je vais rencontrer en amont (au moins la veille) pour me mettre d'accord sur le déroulement de la séance. Ne plus passer par des intermédiaires. (Et pourtant c'est ainsi que ça s'est super bien passé à Baku.)
Le lendemain, samedi matin, retour à l'école pour donner un coup de main à leur kermesse qui leur permet de collecter des fonds pour aider des enfants kazakh à la campagne. J'ai passé le plus clair de mon temps à jouer, avec les enfants et les profs et un peu les parents. J'ai eu le droit de me faire raser par les enfants, en relais :-)

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PS : je suis resté un w.e de plus à Almaty et retourné voir les enfants le lundi matin. J'ai pu parler seul avec eux pendant une demi heure, pendant que leur prof était en réunion. Aucun problème pour se comprendre, ils parlent mieux l'anglais que moi :-) En fait je suis revenu sur un sketch qu'ils ont montré un peu plus tôt à toute l'école sur le thème qu'ils sont en train d'étudier, la migration. On a donc parlé de la difficulté d'adaptation lorsqu'on arrive dans un nouveau pays, nouvelle langue, habitude vestimentaire, nouvelle cuisine... On est arrivé à la conclusion que la différence est quelque chose de difficile à surmonter mais que c'est important et qu'il faut la cultiver car c'est notre source de richesse, nous humains.
On a aussi abordé des problèmes environnementaux avant qu'ils me posent des questions sur ma religion, si j'allais me marier, combien je voulais d'enfants...
Et puis quand la prof est revenue, ils ont pu se mettre aux dessins.

Yasira 9   Tanya 10 bis

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