DSCN8194Un CSer de Bandar Abbas m'a invité à le rejoindre, lui et son groupe, à faire le tour d'une île du Sud de l'Iran, à vélo, le week end qui arrive. Pour cela, il faut absolument que je renouvelle mon visa ici et maintenant à Shiraz!
Sinon, ce n'est pas trop grave, j'irai quand même dans les îles, à condition de faire renouveler mon visa quelque part avant 5j, pour y retrouver Kei et Yuki. Ce n'est pas dans leur itinéraire du tout, mais pour des japonais, des habitants d'îles, n'avoir pas vu la mer pendant un an n'est plus supportable. Ils font donc une entorse à leur projet et se rendent à la mer en bus (avec leurs vélos dans la soute) depuis Mashhad (ils y ont laissé la moitité de leurs affaires).
Mike aussi doit faire renouveler son visa. Nous allons donc ensemble au commissariat des affaires étrangères. Il est difficile à trouver car non indiqué, bien sûr.
La réponse est immédiate. C'est non! et c'est le boss qui le dit. "Revenez dans trois jours" (pourquoi trois?, on est déjà à moins de 5j chacun de l'expiration de notre visa). Je joue la comédie, presque au bord des larmes pour titiller la corde de la compassion ou celle de l'orgueil (c'est bon, on a compris que t'étais le petit chef qui a tout pouvoir, maintenant fais nous plaisir...). Rien! Il ne m'a même pas regardé dans les yeux ce petit "(&!;(]&"#="+ Son comportement m'exaspère et m'énerve. Je sors furieux!
Mike part peu après pour Téhéran. Moi je ne veux pas retourner encore à Téhéran. J'essaierai à Kerman.

 

DSCN8234Pour l'heure, j'ai rendez-vous avec Orange Boy. C'est un surnom d'un ami de Kei qui l'avait hébergé en Chine. Je le fais rire en l'appelant Orange Boy. Il s'appelle Ali. Il est étudiant en thèse de Business à Wua Hin dans le centre de la Chine depuis 3 ans déjà. Ancien joueur d'échec national en Iran, il a gagné une compétition inter-universitaire en Chine et s'est vu allouer une bourse par le gouvernement chinois pour faire ses études. Il parle chinois, en plus du perse, de l'anglais et de l'arabe (et un peu kurde, et un peu français). Il rentre pour les vacances, pour voir sa famille et trouver une solution au service militaire. Il ne se voit pas, à notre âge, perdre deux ans de sa vie dans un service militaire.
C'est avec lui que je fume ma première chicha, dans un bar à chicha. Ce ne sera pas la dernière car on remettra ça plusieurs fois pendant mes séjours à Shiraz.
Des amis à lui qui tiennent une boutique veulent absolument m'offrir quelque chose. Après de nombreux refus (je n'ai besoin de rien), je repars avec une gourde en alu.
Le lendemain, j'accepte l'invitation de ses cousins à un barbecue à midi. Je prendrai un bus le soir pour Kerman. Je ne dois y arriver qu'avant demain matin (aujourd'hui c'est le jour de la révolution, c'est férié). Le barbecue a lieu dans le jardin de sa tante qui est de passage en ce moment, elle habite aux USA. Je goûte leur "boisson préférée des français" faite maison. J'en ai bu des meilleurs, mais c'est pas mal !

DSCN8267J'arrive à Kerman à 05h du mat. Mohammad vient à nouveau me chercher, si tôt. Nous dormons jusqu'à l'heure de l'ouverture des bureaux. Il nous faut un peu de temps pour trouver le bureau des affaires étrangères (non réservé aux afghans).
"Aujourd'hui, c'est fermé, revenez dans deux jours.
"Mais vous êtes là, vous ?"
"Oui mais pas la secrétaire en charge des étrangers" nous répond-t-il en farsi car aucun d'eux ne parle anglais (le con de Shiraz non plus d'ailleurs, c'était le boss mais il se faisait traduire).
Nous visitons Mohan, un lieu saint pour les derviches (une autre religion, pas mal persécutée dans le coin), et le palais d'été d'un ex-shah (roi d'Iran).
Le soir, nous sommes invités pas la famille du futur époux de la soeur de Mohammad. Ainsi, toute la famille de Mohammad, parents, frères et soeurs et moi même sommes conviés à un dîner par toute la famille de ce futur gendre, parents, frères et soeurs et cousins. Ce n'est pas une blague. C'est comme si c'était les familles qui se mariaient, et non pas uniquement le couple. Je dois m'habiller en chemise et pantalon.
Après, Mohammad et moi partons chez des amis, dans une maison de campagne, pour jouer à un jeu de rôles appelé Mafia (je crois qu'en France, nous l'appelons Assassin). Nous dormons sur place et rejouons à Mafia le matin.
DSCN8276L'après-midi, nous rencontrons Nadija, une jeune suisse qui habite ici. Je l'ai contactée via BeWelcome.org (même genre que CS). Elle est tombée amoureuse de l'Iran mais surtout de Kerman et d'un de ses habitants. Elle enseigne le français ici depuis 1 an. Pour prolonger son visa de tourisme et le transformer en visa de travail, cela n'a pas été une simple affaire. Heureusement, son mari temporaire l'a beaucoup aidée.

Il faut que je vous explique le mariage temporaire. Dans la religion musulmane, il est possible de se marier temporairement. Un couple peut demander à un clerc musulman de les marier, sans témoin, pour une durée minimale de 1h et maximale de 99 ans. Vous êtes alors considérés comme mariés. Vous pouvez vous tenir par la main, vivre ensemble, faire l'amour (avoir des enfants, je suppose) etc... Pratique non?
La raison historique est à vomir mais le résultat, aujourd'hui, pourrait être moderne. Cela fut inventé par Mohamed pour que ses guerriers puissent "se faire plaisir" avec les femmes des vaincus après les batailles, sans aller en enfer.
DSCN8282Le problème c'est qu'aujourd'hui dans la société iranienne, la femme n'a plus aucune chance de trouver un "vrai" mari après un mariage temporaire puisqu'elle est supposée être vierge au mariage. Et là, j'en ai entendu des conneries de jeunes mâles iraniens qui eux n'attendent pas le mariage pour faire des expériences.
J'ai deux révélations à vous faire. La première, c'est que toutes les mariées, n'ayant pas le choix avant mariage, choisissent, après mariage,  des jeunots qui eux ont du mal à rencontrer des filles de leur âge puisqu'elles veulent garder leur virginité. La chose marrante c'est qu'ils croient que leur femme, parce que c'est la leur, sera différente et fidèle... Ils manquent un peu de logique je trouve. Oh, j'oubliais, un des métiers qui rapporte le plus est celui de médecin spécialisé dans la reconstruction d'hymen pour jeune fille. Fallait qu'ils l'inventent, quand même...
Deuxièmement, beaucoup d'iraniens ont [eu] des expériences homosexuelles. Avec la  séparation des sexes jusqu'au mariage, et surtout au sortir de l'adolescence, entre le service militaire pour les uns et la vie en cité universitaire pour les jeunes filles, il faut bien qu'ils se découvrent (en enlevant plus que le foulard).
C'est marrant de réaliser que la religion qui impose des tabous (l'adultère, l'homosexualité) les rend plus inévitables. Je vous laisse y réfléchir...

Enfin j'obtiens mon renouvellement de visa! Avec l'aide de la secrétaire qui parle anglais, ce ne fut qu'une simple formalité.
Nadija nous invite au ranch où elle travaille bénévolement pour dresser des chevaux (elle est experte). Malheureusement, un ami du proprio, bourré, monte "mal" le cheval et détruit l'entraînement qu'elle venait de faire. Le cheval devient nerveux et nous ne pourrons le monter que quelques minutes.

DSCN8324Je pars le lundi 16 février pour Bandar Abbas (BA). Je vais y retrouver Kei et Yuki. J'ai récupéré le fromage et toutes mes affaires.
Deux camions et une voiture m'emmènent à BA, jusqu'au marché aux poissons, où j'ai rendez-vous avec Sina, mon hôte CS et Babak (mon frère de Mashhad) qui a pris des vacances pour être avec Kei, Yuki et moi. Nous marchons jusqu'à chez Sina en bavardant, un mélange de farsi, anglais et français. En effet, Sina étudie le français depuis 16 mois. Il m'a d'ailleurs invité, moi, car il souhaite pouvoir converser dans cette langue qui lui plait.
La famille de Sina est très gentille et accueillante. Elle est aussi très religieuse (ce qui n'a rien à voir). Malheureusement, le premier soir, je ne peux pas me joindre à eux très longtemps car j'ai une insolation suite à l'après-midi passée dans la voiture au soleil. Je vais donc me coucher sans manger, avec un solide mal de tête.

DSCN8337Le père de Sina nous conduit tous les quatre, avec le frère de Sina, à l'embarcadère pour l'île d'Hormoz. Nous y passons la journée. Nous nous rendons à la plage pour regarder les préparatifs des tapis de sable. L'ile regorge de sables colorés. Chaque année, est mis en place un festival d'exposition de tapis de sable. Si cette année marche aussi bien que les années passées, ils inviteront des artistes étrangers à partir de l'année prochaine. Les tapis sont immenses. Il y a donc une personne en surplomb pour diriger les autres travailleurs. Nous visitons l'ancien fort portuguais.
De retour à BA, nous rencontrons Ahmad, un autre CSer, celui qui m'invitait au tour de vélo. Il n'est plus disponible dans l'immédiat mais il va quand même nous prêter un vélo et Sina va nous en prêter un second. Nous partons demain pour l'île Qeshm pour retrouver Kei et Yuki.
Ahmad m'invite à assister à la répétition de son groupe de musique trad. C'était super!
Babak et moi cuisinons pour la famille, une ratatouille et une salade.
Après le diner, nous regardons un très bon film franco-iranien sur la société iranienne d'aujourd'hui, "Une Séparation".
Je laisse le fromage dans le frigo de Sina. [Il y restera jusqu'à mon départ d'Iran en bateau, un mois et demi plus tard. Autant vous dire qu'il commençait à sentir un peu quand je l'ai récupéré.]

Sur Qeshm, avant de quitter la ville, Babak et moi faisons quelque courses à la demande de Kei. Mon sac est très lourd mais mon vélo est bon. J'aurais pu faire les km qui nous sépare de la plage ou Kei et Yuki ont dressé leur campement. Malheureusement, si Babak a un sac moins lourd, son vélo est un camion. Il pèse une tonne et possède une suspension arrière qui pompe toute l'énergie. Nous décidons de terminer en stop. C'est ainsi que nous rencontrons Abdulah. Lui et son frère nous emmènent jusqu'au campement que nous avons bien du mal à trouver car il est bien planqué. Ils reviendront plus tard dans la soirée pour nous amener des bouteilles d'eau. Nous sommes accueillis par Kei, Yuki et Joseph, un portuguais quinquagénaire qui a démarré il y a 7 mois un tour du monde de l'histoire portuguaise qu'il imagine finir en 7 ans.
On monte la tente, on prépare le dîner, on ouvre les oursins (quel travail barbare, pour si peu !), on remonte les lignes et on se régale de fruits de mer, de sardines frites, de riz et de sashimi. Kei a attrapé trois gros poissons. Nos repas suivants ne seront que des variantes de ce premier dîner. Je me suis régalé!

Nous ne restons pas ici car eux y sont depuis déjà une semaine. Nous repartons vers la ville. Cette fois, nous faisons tout le trajet à vélo. J'aide Babak en le poussant de temps en temps. Nous dormons dans un parc près du bord de mer , à la sortie de la ville.
Nous nous réveillons très tôt pour attraper le premier ferry pour Hormoz. Nous parvenons à ne jamais rien payer pour les vélos, alors que chaque équipage a bien essayé de se faire un peu d'argent dessus.
Nous retrouvons Ahmad et des amis à lui pour la journée. Un gros, vraiment gras, de ceux qui ont gagné un poste bien placé car ils étaient du côté de Khomeiny au bon moment, signale que mon short est trop court. Il parle en farsi. J'ai bien compris mais je fais croire le contraire et continue mon chemin en lui souhaitant une joyeuse vie, en français!
Nous commençons le tour de l'île tous ensemble. Nous nous arrêtons pour admirer les tapis finis. Après pluseurs km, j'échange mon vélo avec Babak, un vrai monstre. Je me demande qui a bien pu concevoir un non sens pareil. Nous nous arrêtons pour prendre quelques photos des paysages rocailleux colorés, et de très belles falaises blanches. Juste après les falaises, nous trouvons un parc ouvert où nous décidons de dresser notre campement. Après le déjeuner, les amis d'Ahmad repartent. Ahmad, un voyageur qui s'ignorait, est très curieux de nos aventures. Il pose notamment plein de questions à Kei sur le voyage à vélo.

Il reste avec nous jusqu'à l'heure du dernier ferry. Joseph, Kei et moi l'accompagnons jusqu'au village pour faire quelques emplettes et trouver des appâts pour la pêche. Le gardien/jardinier du parc est passé entre temps. Il a laissé la clef à Babak qui a usé de ses qualités oratoires pour le convaincre de nous laisser dormir ici quelques jours. Du coup, nous avons même électricité et lampadaires pour nous.
Après le dîner, Babak et moi discutons dans le hamac de Kei pendant qu'ils dorment tous jusqu'à ce que Kei se réveille, pour aller à la pêche. Nous ne pêcherons rien ce soir. Et pour cause, les poissons ont dû se retirer en sentant la tempête arriver. Si je me suis endormi dans le hamac, j'ai du rentrer dans la tente au milieu de la nuit tellement le vent était devenu fort. Nous restons deux jours pendant lesquels le vent reste très fort. Joseph et les japonais vont visiter le fort portuguais.
Nous décidons de repartir sur Qeshm.
Malheureusement, quand nous arrivons, pas de bateau disponible ce jour. Le lendemain, seule la ligne de ferry pour BA ouvre. Nous en prenons un. Babak et moi en profitons pour rendre nos vélos à Ahmad, nous nous déplacerons en stop. Ahmad nous raccompagne jusqu'au port où nos amis nous attendent pour repartir sur Qeshm.

Moudji, un des amis d'Ahmad nous reçoit après que nous ayons confié les passeports de Kei et Yuki à une agence qui se chargera de renouveler leur visa. Lui et sa femme nous hébergent pour la nuit. Mes amis m'emmènent faire du shopping. Je déteste vraiment ça, les grands magasins. Ca me stresse !
Le lendemain, notre ami Abdulah nous emmène, tous ensemble, plus leurs vélos visiter un autre fort portuguais avant de nous déposer au village qui fait face à l'île de Hengem (une toute petite île). Il nous conseille un petit coin très sympathique de l'autre côté de l'île où sa famille possède une maison secondaire. Il n'y a qu'une famille qui y vit. "Vous serez tranquilles et vendredi prochain je viens vous voir". "Il y a une mosquée où vous pouvez avoir de l'eau potable et de l'électricité pour charger vos ordinateurs et portables." Que demander de plus?
Nous restons quatres jours dans ce petit coin de paradis.
Une maman tortue vient sur notre plage pour pondre. Malheureusement, il y avait sans doute trop de déchets à son goût et elle repart immédiatement. Nous décidons alors de nettoyer la plage de ses déchets... pas une mince affaire je vous le dis (et ce n'est qu'une plage). Cela me donne une idée dont je vous parlerai sans doute un jour. Pour l'heure, le projet n'est pas encore assez mûr, même dans ma tête.
Nous ne sommes perturbés, une fois de plus, que par le vent qui cassera deux fois les lignes d'électricité.
Quand Abdulah vient nous voir, il nous offre un tour en bateau à la recherche des dauphins et un gros poisson chat, fruit de ses talents de pêcheur. Le poisson chat en sashimi, c'est délicieux. Moi qui ne connaissait pas la cuisine japonaise avant le Myanmar (un japonnais m'a invité à découvrir les sushis à Yangon), ces derniers jours, j'ai été servi. C'est délicieux et très raffiné!

Le dimanche 1er mars, nous sommes de retour à BA pour assister à un concert du groupe de musique d'Ahmad (une soirée en faveur d'une association pour la lutte contre le cancer des enfants). Nos deux infirmiers japonais sont invités le lendemain à visiter la toute nouvelle unité de soins. Babak repart à Mashhad car il a des affaires urgentes qui l'appellent.
Je pars le surlendemain avec Kei et Yuki pour Shiraz afin de pouvoir revoir Ali avant qu'il ne reparte en Chine.

Ali fait tout pour nous rendre le séjour agréable. Il essaie d'aider du mieux qu'il peut Kei a trouver un nouveau pneu pour son vélo. Pourtant, il est très nerveux. Il doit dire adieu à son pays, ses amis et sa famille. Toutes ses tentatives pour passer outre le service militaire ont échoué. Il a décidé de s'expatrier. Il ne reviendra jamais en Iran. Il ne sait pas encore s'il restera plutôt en Chine, s'il ira dans les Emirats où s'il va émigrer au Canada. La dernière nuit, on se relève à 01h pour partager une dernière chicha. Quand il nous dépose le matin pour prendre notre bus, lui pourtant de nature tellement tranquille, est une pelote de nerfs. Comme notre bus est très tardif, nous en profitons pour rencontrer deux familles de CS. La famille d'Ali-Reza chez qui nous jouons, comme la dernière fois mais j'ai oublié d'en parler, au jeu de cartes français "Quems". Nous rencontrons aussi Fatemeh (que jaurais dû rencontrer quand mes parents devaient venir en Novembre). Elle nous emmène dans un parc qui surplombe la ville. Au soleil couchant, c'était magnifique.

Notre bus nous emmène à Ahvaz pour une raison très particulière. Quand Kei et Yuki se sont rencontrés, ils travaillaient tous les deux pour un hôpital sur une île japonaise. Les habitants de cette île ont trouvé une bouteille à la mer dans laquelle il y avait un message : "I Love + [petit dessin de bonhommes qui se tiennent la main]" plus un nom, un numéro de téléphone fixe et Ahvaz. Les habitants ont donc chargé Kei et Yuki de retrouver la personne qui a jeté cette bouteille à la mer.
Il se trouve que la femme de notre hôte, Moudji qui fut très intrigué par cette affaire, travaille pour le ministère des télécommunications. Elle peut donc facilement trouver l'adresse correspondant au numéro. Pour une raison inconnue, personne ne répond jamais au téléphone.
Malheureusement pour moi, je ne peux pas rester jusqu'à ce qu'il trouve l'auteur du message. En effet, un directeur de film a contacté Kei et l'a supplié de l'attendre, lui et son équipe, car il souhaite filmer "la" scène pour pouvoir ensuite faire un reportage.
Mon visa se termine, et à Ahvaz, il me disent que seul Téhéran peut renouveler une deuxième fois. Je dois donc partir.
Pendant mon séjour, j'ai pu enfin longuement converser avec Yuki qui apprend l'anglais et qui est un peu timide avec les garçons qu'elle ne connaît pas bien.

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