Peut on rire du malheur des autres? Oui si c'est rigolo. Alors riez! (sauf pour mon baton)
Peut on rire du bonheur des autres? Oui, ça le partage. Alors riez!

D'Ordu en Turquie à Bakou en Azerbaïdjan. Nous nous sommes d'abord arrétés quelques jours à Batumi. Nous avons ensuite traversé Samtredia pour atteindre Tbilissi. Et enfin, après avoir traversé la frontière au niveau de Roustavi, nous avons fait un arrêt à Gandja.

DSCN1240Je n'ai jamais été aussi heureux qu'en cet instant de voir une enseigne de "Mc Do" devant moi. Viiiiiiiiiiite!
Fermé???!!
Mardi matin (15 mai), 7h20 et c'est fermé... un "Holiday Inn", ni une ni deux, c'est par où les toilettes SVP?
Sauvé! et en plus ce sont les toilettes les plus propres que j'ai vu depuis... Antalya sans doute.
Maintenant, je peux profiter du wifi gratuit du Mc Do pour prévenir mon hôte que je suis enfin arrivé à Tbilissi et répondre aux nombreux courriels en retard.
Mais ce n'est pas ainsi que l'histoire démarre.

D'abord, il faut que je vous parle de la disparition de mon très regreté bâton de voyageur. Cela s'est passé à Batumi. Alors que nous venions tout juste d'arriver, je rentre dans un café pour demander si ils ont le wifi.
"Non! Mais venez à côté, c'est chez moi, vous pouvez aller sur internet!". C'est Benyamin alias Béno qui nous invite au siège de son activité d'imprimerie. Il emploie 40 salariés et ils travaillent 7j/7. Pour l'heure, jeudi 10, 20h, il nous invite à venir se joindre à sa table au bar voisin!
Je les fais tous beaucoup rire à vouloir me constituer un dictionnaire géorgien à partir de celui que j'ai fait en Turquie. Mais Béno comprends bien le turc, et avec un peu d'anglais, je l'aurais presque complet avant de sortir du bar (il ne me manque que "de rien"). Philippe me fait remarquer qu'ils ont très bien pu glisser un "Bitodantifrice" à la place de "bonjour" qu'on en saurait rien...
Après deux bières, Béno nous invite chez lui.
Et c'est en entrant chez lui que j'ai du laisser mon baton dehors. Sans doute que pour tenir la porte à quelqu'un, j'ai du libérer ma main gauche et le poser à côté de la porte d'entrée... Une nuit dehors, fatal!
Adieu, et que tu sois utile à quelqu'un. Désolé pour tous ceux qui m'avaient confier leurs noms pour le graver dessus, je n'en suis plus le porteur.

 DSCN1171  DSCN2442 Elias

C'est ainsi que le lundi 14, après avoir passé l'aprèm avec les policiers, plus ou moins compétents, à chercher mon baton, que je n'ai pas réussi à retrouver malgrè l'aide de Béno , nous partons en retard pour Tbilissi.
Après un premier chauffeur turc qui effectue un détour de 10 km pour nous déposer à un endroit propice (sacré Turcs), deux jeunes nous emmènent à Samtredia.
Le passager est saoul c'est sûr!
Quid du conducteur? Ce n'est pas sa mauvaise conduite qui peut nous indiquer quoique ce soit, puisque, pires conducteurs que les Turcs, je pense que les Géorgiens ignorent ce que signifie la ligne blanche du milieu...

Il est 18h, on est à 270km et on a rendez-vous à Tbilissi avec notre hôte entre 20 et 22h. Plusieurs camions nous font signe qu'ils ne peuvent prendre qu'un seul d'entre nous. Je monte le premier dans le camion suivant, sans doute le camion le plus lent de la planète, 50 km/h en pointe. Seul avantage, il va direct à Tbilissi. DSCN1216J'apprendrais ensuite que mes deux compères ont été pris en stop, juste après moi. Un gars avait loué un taxi pour lui. Iil y aurait eu de la place pour moi, et surtout, ils sont arrivés sain et sauf à Tbilissi à 23h30 alors que je n''y suis arrivé que le lendemain à 7h20 si vous avez bien suivi.
À 23h, j'appelle Kenny, notre hôte à Tbilissi pour lui dire que je suis encore à 100 km et que je n'arriverai que le lendemain. Le chauffeur s'est arrété pour manger, enfin un peu de repos pour mes oreilles, il est très bavard et le monologue ne le dérange pas apparemment. Ensuite, je dors sur la banquette arrière jusqu'à ce qu'Il s'arrète vers 1h30, quelque part au milieu de nulle part où il me dit: "on dort là".
Ok.
Tous les deux sur la banquette.
Pas de seconde banquette? NON.
Ok.
...
Un bisou dans le cou.
Je bondis sur le siège avant. C'est quoi cette blague? Ca voulait dire quoi ces "madame, madame", ces questions sur ma boucle d'oreille et sur le fait que j'ai pas de barbe?????
"Problem yok", "problem yok"
mon oeil oui, "problem var" (yok signifie la négation, l'absence de ; var signifiant au contraire la présence de quelque chose).
Deuxième tentative en tête bèche. Je ne m'endors qu'une demi-heure après les premiers ronflements et d'un sommeil très léger et pour seulement 3h.
A 5h30, il me dépose nulle part... quelque part aux alentours de Tbilissi. Et évidement, c'est à ce moment là que ma DV (diarrhée du voyageur en jargon) se rappelle à moi... Vivement que j'arrive au point de RDV, le Mc Do!

Revenons un peu en arrière, à Batumi.
Jeudi 10, quand on quitte Ordu (Turquie), rien n'était prévu et comme le dit Antoine de Maximy de l'emission "J'irai dormir chez vous", alors tout est possible. On part en direction de la frontière géorgienne en espérant être à Batumi suffisament tôt le lendemain pour y faire nos visas azeris (Batumi est le méga bon plan, pas de lettre d'invitation, 60€ et dans les deux jours ouvrables). Le troisième conducteur, un Azeri qui travaille depuis l'Allemagne à revendre des pièces auto, emmène une voiture jusqu'à Tbilissi. Il passe par Batumi. C'est le trajet le plus rapide (550 km à 73 km/h, temps d'attente inclus) quant celui en camion entre Samtredia et Tbilissi est le plus lent (270 km à 22km/h).DSCN1165 Il nous négocie un taxi qui doit nous trouver une nuit pour 10 Lari (8€) chacun avec une commission de 10 pour lui, un total de 40. C'est beaucoup mais comment refuser devant notre meilleur conducteur.
Ce qui me gène le plus dans cette histoire c'est que le taxi nous emmène chez des vieux qu'il ne payera finalement que 20 Lari (et non 30)... J'aime pas les escrocs!
Nous ne restons pas longtemps chez les vieux, puisque quelques heures après, on vient récupérer nos affaires pour aller chez Béno.

Béno est d'une hospitalité et d'une générosité à toute épreuve. On ne dépensera pas un centime pendant les quatres jours chez lui. Il refusera toujours qu'on sorte le portefeuille mais acceptera quand même nos petits cadeaux, un beau briquet pour lui et un foulard pour sa femme, d'une très grande gentillesse. Il nous est aussi interdit de faire quoique ce soit dans la maison, linge, vaisselle et même préparer un repas... c'est le travail des femmes, sa fille, sa femme, sa mère. La seule chose qu'on doit faire en retour, c'est témoigner de notre joie de vivre en sa compagnie en se saoulant tout les soirs avec lui et ses amis autour de gargantuesques barbecues. Et je ne vous fait pas grâce de vous parler du petit dèj, la Khatchapouri, une sorte de pizza au beurre et au fromage agrémentée de beurre et de fromage surmonté d'un jaune d'oeuf et d'un quart de motte de beurre... Tout est bon mais.... comment dire... gras!
La bière n'est pas mauvaise, meilleure que la Efes turque. Le vin, boisson nationnale, bue par chope de pinte, n'est pas franchement terrible mais heureusement ne doit pas être très fort (8-10°) et bizarement ne fait pas mal à la tête le lendemain.
On a un peu ll'impression de s'enterrer petit à petit avec tout cet alcool, vivement qu'on obtienne nos visas.
Rien d'étrange à ce que je me choppe la DV pendant ce cours séjour à Batumi. Un avantage, ce sera une excuse pour ne pas boire le dernier soir.
Un grand merci à Béno aussi pour les 200 cartes de visite qu'il m'a offert.

DSCN1177  DSCN1170  DSCN2522 Elias

Le lundi avant d'aller chez les flics, j'ai réussi à me rendre à l'école franco-géorgienne de Batumi.
Les classes sont petites, de 6 à 10 élèves. Je suis intervenu dans 3 classes d'enfants avec l'aide de professeurs qui me traduisaient  et une classe d'ados dans laquelle je n'avais pas de prof et donc pas de traducteur. Avec les ados, pas besoin de vous dire que l'échange fut quasi-nul mais c'est surtout avec les petits que j'ai été déçu. A devoir passer de classe en classe, il n'y a pas suffisament de temps pour l'échange et ils ne peuvent pas poser leurs questions... Il faut que je trouve une combine. Ce n'est pas les directeurs et autres professeurs que je veux satisfaire ou qui doivent en tirer profit.

DSCN1208  Nicola 7
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Une fois à Tbilissi, une fois que Kenny m'a récupéré, je retrouve Philippe et Elias et je dors!
Kenny part s'entrainer, course à pied, natation et vélo car son dada c'est le triatlon. Quand il ne s'entraine pas, il est prof d'anglais. Américain d'origine japonaise, il a effectué un volontariat en Ukraine pendant 2 ans avant de travailler 3 ans en Russie et d'aterrir ici à Tbilissi.
Tbilissi est une ville en travaux. Ils ont beaucoup de morceaux d'Histoire à montrer aux touristes, une des plus grandes églises d'Europe, la citadelle, Mother Géorgia et ils essaient de les attirer avec des infrastrucures modernes comme leur tout nouveau pont et le futur téléphérique.

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Connaissez vous LA LOI? celle de Murphy ou encore appelé loi de l'emmerdement maximum, et bien après le bâton et le camioneur, je vais la subir une troisième fois.
Sur le chemin de retour vers l'appart de Kenny, à 30m du fameux Mc Do...
Vous avez déjà eu les sphincters qui lâchent en pleine rue? Et bien on se retrouve dans une situation très indélicate, et bien que personne ne puisse prétendre résister à la maladie, on se sent honteux et penaud.
Aucun signe avant courreur, pas de crampe d'estomac, pas de gargouilli, rien... ça arrive sans prévenir. On est dans la merde quoi.

Je n'ai plus qu'une idée en tête, quitter ce pays!
On part le lendemain aprèm pour la frontière qu'on traverse à 20h. On rate le bus pour Baku à cause d'un attroupement de curieux. De toute façon, on avait prévu de dormir à la belle. DSCN2595 EliasAprès que mes deux compères aient mangé, nous sommes invités par le patron (dont le père était instituteur de français) à boire.
Boire une bière, et puis deux, boire une bouteille de vodka et puis deux et tout cela accompagné de kebab, poulet et légumes crus... Et mon régime riz blanc et eau?????
Mais quand ça s'arrète???
Le patron fera faire de la place dans une des salles de son resto pour que nous puissions y dormir. La classe!
DSCN1285Le lendemain, un premier conducteur, riche commerçant d'électronique, nous emmène jusqu'à Gandja et nous invitera dans un des plus luxueux restos où j'ai été invité à manger dans ma vie. Ensuite, après trois derniers conducteurs, nous arrivons à Bakou après 515km parcourus dans la journée à une vitesse de 75km/H (temps d'attente compris, hors pause de midi). Frédéric, un expat en contrat VIE nous attend devant l'ambassade de France.
Les missions dans les jours à venir, obtenir le visa kazakh et trouver un moyen de se rendre au Kazakhstan, à Aktau.

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